Le REF décerne pour la septième année sa Médaille d’Honneur à ceux de ses membres les plus anciens et les plus fidèles durant les soixante dernières années.

Cette médaille a déjà été attribuée à soixante-treize d’entre eux de 2008 à 2013.

Cette année, la médaille 2014 est décernée à 15 de nos grands anciens, membres de l’association qui satisfont aux trois conditions suivantes : être né avant le 1er juin 1930, avoir adhéré au REF avant le 30 septembre 1953 et avoir cotisé à l’association jusqu'à l’année 2013 incluse. Le résumé du parcours radioamateur de chacun de ces grands anciens, tel que le Service Historique du REF a pu le recueillir avec l’aide des représentants départementaux, est publié dans ce numéro de Radio-REF et pourra être consulté sur le site du REF à la rubrique du SHREF.

La médaille d’honneur 2014 leur sera remise, à eux–mêmes ou à leurs représentants s’ils ne peuvent être présents, par le président du REF lors de l’AG qui se déroulera à Chartres le 18 mai 2014.

Les récipiendaires sont donc cette année :

 

REF 5447

F9TV Jacques VERNET est né le 28 septembre 1929 à Saint-Gobain (Aisne). Il est très tôt attiré par les radiocommunications, et après être sorti brillamment des Arts et Métiers avec son diplôme d’ingénieur, il intègre Supélec. C’est à cette époque qu’il découvre la radio d’amateur. Parrainé par F9AG, il adhère au REF en 1947 sous le numéro 5.447. Il s’intéresse de très près aux VHF et surtout aux UHF, motivé en cela par F3SK. À cette époque, les UHF étaient un vaste domaine vierge à explorer. À l’occasion de vacances près d’Arcachon, en août 1955, il obtient du préfet l’autorisation d’installer une station UHF en haut d’une tour de surveillance incendie. Aidé d’XYL, il monte le matériel dans la petite cabane située en haut de la tour et contacte EA2CO à Gijón, en AM bien sûr, sur 435 MHz. Cela constitue pour l’époque le premier DX en UHF. L’émetteur comprenait une 2C39 (dite ampoule coaxiale à l’époque) montée au centre d’une cavité. Ces contacts (il effectue des QSO réguliers avec EA2CO) sont réalisés avec l’indicatif F8OS. En effet, à cette époque, on ne pouvait pas émettre avec son indicatif habituel si l’on changeait de lieu d’émission. Il fallait demander un indicatif supplémentaire, spécifique de l’endroit d’où l’on émettait. L’indicatif F8OS lui permit d’émettre depuis Arcachon de 1953 à 1969. Dans les années 55, il est administrateur au REF et vient souvent de l’Oise (où il habite depuis son enfance) à Paris où se situe alors le siège de notre association. Professionnellement, il devient directeur d’un nombre conséquent d’usines dont celle du groupe Philips, à Dreux, où il participe à la conception des premiers téléviseurs couleur. Il prend sa retraite après avoir dirigé pendant 19 ans une usine de la société Lincoln. F9TV n’est plus guère actif, bien qu’un pylône de 30 mètres supportant des groupements d’antennes UHF s’élève près de son domicile de Vineuil-Saint-Firmin(60). C’est un choix personnel, car cet OM est d’une vitalité assez étonnante pour son âge. Très sympathique, l’intelligence vive, il est impossible de ne pas succomber à son charisme et à son talent de conteur !

 

 

REF 5430

F8CB Raymond CRAMET est né le 1er juin 1930 à Saint-Omer (Pas de Calais). Les premiers contacts de Raymond avec la radio remontent au mois d’août 40 où il fait de l’écoute sur un poste à galène des années 20. En 1943, il construit son premier récepteur équipé d’une A409 à partir d’un schéma publié dans une revue radioamateur prêtée par un ami collégien. Après la guerre, il écoute les QSO de F3SK qui habite à Saint-Omer. Ce dernier devient son professeur et parraine Raymond pour entrer au REF avec le numéro 5.430 (23 septembre 1947). Pour passer l’examen, Raymond construit un émetteur Morse avec une lampe 6V6 en oscillatrice, une 6L6 en tampon et au final une 807. Il apprend le Morse en suivant la préparation militaire. Il réussit son examen en août 1950. Il fait ses premiers QSO avec l’indicatif F8CB et fait de nombreuses liaisons avec F9RS, l’abbé Sagnier de Calais, qui est chef de section et responsable de la chronique des radioamateurs d’Outre-mer dans la revue Radio-REF. La rencontre avec F3HK fut déterminante pour l’orientation de sa vie professionnelle. Il participe avec F3HK aux réglages de l’antenne de radioastronomie de Nançay (Cher), puis à une étude du bruit galactique en ondes courtes pour le compte de l’Institut d’Astrophysique de Paris. Après ces deux expériences concluantes, Raymond décide de faire carrière dans l’électronique. Pour cela, il vient à Paris en 1955 et s’inscrit aux cours du CNAM. Il rentre comme technicien dans un laboratoire d’électronique, il y rencontre Jean-Marie F3YP. Après divers passages dans des laboratoires du domaine nucléaire, il intègre le centre de recherche de la Compagnie Générale d’Electricité comme technicien, puis ingénieur. Son travail porte sur la chronométrie nanoseconde et conduit à plusieurs brevets. Il termine sa carrière à la compagnie Thomson-CSF d’Issy-les-Moulineaux (92). A son départ en retraire en 1990, il rentre au pays d’origine (Pas de Calais). Au cours de sa vie d’OM, F8CB a construit de nombreux appareils de mesure (générateurs, Q-mètres, analyseurs …) et aussi sa station décamétrique (émetteur avec une lampe QB3-300 et récepteur synthétisé équipé de filtres à quartz). F8CB est toujours actif sur les bandes décamétriques en télégraphie.

 

 

 

Etienne HUBERT est né le 10 janvier 1930 à Reims (Marne). Encore lycéen, il a eu comme condisciple un neveu de F8BO. Il adhère au REF le 14 février 1948 sous le n° 5.804, parrainé par F9AJ avec lequel il était en relation épistolaire. Durant ses études d’enseignement supérieur, il fréquenta les réunions animées par F8AI, F9PT, F9FT entre autres. Désigné comme responsable du radio-club de Supélec, il équipa la station F3TV d’émetteurs-récepteurs « à la mode de l’époque », utilisables par son successeur déjà autorisé F8JX. Après un service militaire dans l’arme des transmissions, il entra au service électronique de l’accélérateur linéaire d’Orsay (91), où il participa à la conception, à la réalisation aussi bien qu’à la régularisation d’alimentations d’électro-aimant d’une puissance de 250 kW. Il participa aussi à la réalisation de circuits pour amplificateurs d’impulsions et circuits à coïncidence…. Après dix ans à Orsay, il passa du semi-public au privé dans une société française d’électronique (CSEE) où il travailla à des projets plus ou moins classifiés pour la Marine Nationale, l’armée de l’Air (matériel au sol), jusqu'à une charrette qui a précédé de peu sa retraite… Depuis, il vit à Fontenay aux Roses (92) et consacre son temps à son XYL, ses trois enfants, ses huit petits-enfants et les arrières petits-enfants qui arrivent... Le problème du logement en région parisienne ne lui a pas permis d’envisager l’installation d’aériens VHF ou UHF qui l’auraient pourtant bien intéressé. Aussi, il est resté simple sympathisant et continue d’apporter son concours à la cause de l’émission amateur en soutenant le REF. Bel exemple de fidélité et de soutien à une passion de jeunesse et à des OM qui l’ont marqué, comme ils ont marqué l’histoire de notre association, et dont il se souvient encore avec émotion 60 ans après…

 

 

REF 6106

F6CDN André GANGOLFF est né le 28 mai 1930 en Meurthe-et-Moselle. Il a adhéré au REF le 31 mai 1948 sous le n° 6.106. Il a eu pour indicatif F3PZ de 1954 à 1958, puis F6CDN depuis 1973. Il entre dans les critères d’attribution de la médaille d’Honneur du SHREF. Il se définit comme simple radioamateur, mais il a facilité l’accès à notre activité à de nombreux OM avec la gentillesse et la discrétion qui le caractérisent, comme le soulignent les OM de sa région montpelliéraine. Dans l’esprit OM, Il trouve naturel d’adhérer à une association représentative sans que cela mérite distinction ou récompense. Le SHREF respecte sa position et tient à le remercier au-delà de toute remise de mérite, pour son engagement et sa fidélité à notre association, qui doivent servir d’exemple.

 

 

REF 6195

F9VW Robert BOUQUET est né le 27 décembre 1929 à Guingamp (22). A 15 ans, il découvre la merveille qu'était le "Poste à Galène. Cet étrange mystère a piqué sa curiosité qui depuis ne l'a pas quitté. Aujourd’hui, à 84 ans, il reste toujours en admiration devant ce que l'intelligence humaine arrive à concevoir et réaliser (notamment dans le monde de la miniaturisation et de l'intégration). A 17 ans, il découvre l'existence du monde des radioamateurs et les vertus des ondes courtes. En 1948, il quitte Tarbes avec sa famille pour s’installer à Toulouse où il fait des rencontres qu’il relate en ces termes « Dans la chronologie des évènements, c'est pour moi l'occasion d'évoquer avec respect tout ce que l'émission d'amateur et le REF en particulier doivent à ce grand personnage que fut Jules BASTIDE F8JD. Je tiens à lui rendre hommage et à rappeler qu'il assura seul la parution de Radio-REF durant la seconde guerre mondiale et qu'il fut l'auteur de nombreux articles techniques et moraux dans Radio-REF. Mon émotion est toujours là quand j'évoque ma première rencontre avec lui, chez lui. C'est le premier radioamateur que j'ai rencontré, et à qui j'ai fait part de mon désir de devenir radioamateur. Avec beaucoup de gentillesse, il m'a accueilli, m'a parrainé, m'a conseillé. Avec encore bien d'autres tels que F9KG, F9UB, F8TE, F9UD, j'ai appris à réaliser, du châssis au câblage et aux réglages, tant le récepteur que l'émetteur de ma station » II adhère au REF le 12 juillet 1948 sous le n°6.195, parrainé par F8JD et F3WL. « Grâce à Jean BARDIES F9MI, j'ai eu la chance de pouvoir suivre un stage d'opérateur radiotéléphoniste militaire, et c'est en novembre 1948 que j'ai "été informé que ma requête en vue d'obtenir l'autorisation d'établir et d'utiliser une station radioélectrique d'amateur avait reçu l'avis favorable des Départements ministériels intéressés". » Il passe son certificat d'opérateur radiotélégraphiste et radiotéléphoniste et obtient le 24 janvier 1949 l'indicatif F9VW. Il était alors le plus jeune radioamateur (19 ans) autorisé à Toulouse : F9VW ayant pour surnom "Bob - Le Vieux Wagon". En juillet 1961, après un séjour de deux ans à Paris il est affecté au service technique en qualité d’Ingénieur exploitation à Electricité et Gaz de France au centre de distribution de Toulouse ville. En 1962, avec Georges RIVES F9CX, ils ont été les premiers radioamateurs en mobile décamétrique de Midi-Pyrénées. En juillet 1963, il réalise avec F3AI et F9CX une première expédition DX (décamétrique et VHF), au Pic Blanc-Port d'Envalira, à 2.650 mètres d'altitude, en Principauté d'Andorre, avec l'indicatif PX1VW. Il est délégué régional - Région 5 du REF de 1966 à 1969. Il participe avec d’autres membres comme F3KC à l'élaboration des nouveaux statuts du REF. Il est à l’origine de la création de trois radio-clubs. En 1970, c’est le radio-club des Mazades à Toulouse, inauguré par le premier adjoint au Maire de la ville (Pierre BAUDIS). En février 1973, il est élu vice-président du RCNEG (Radio-Club National du personnel des industries Electriques et Gazières), nommé membre d'Honneur lors de l’AG de 1977. Il a œuvré pour que soit autorisé en France le premier « répéteur » THF, FZ5 au Prat d'Albis (altitude 1 205m) dans la région de Foix (09). Il termine l’évocation de son engagement radioamateur par ce passage très réaliste : « Mon épouse Micheline a supporté bien des épreuves et a eu parfois peine à suivre, mais c'est avec beaucoup de patience, de compréhension et d'amour que, pour me faire plaisir, elle a passé sa licence F1 (9 Août 1965 : F1JY) puis décamétrique (24 Janvier 1968 : F5YL). Nous avons reçu à Toulouse de nombreux OM étrangers de passage à qui nous avons offert l'hospitalité (québécois - VE2BCT, italiens, sud-américains, etc.).

Sans omettre de dire : « J'ai été un opérateur radiotéléphoniste chevronné et passionné, mais, de temps à autre, je n'ai pas oublié de pratiquer le langage (à bâtons rompus...) qui qualifie celui des opérateurs radiotélégraphistes. »

 

 

REF 6460

F8XX André GUIRARD est né à Nîmes le 8 juillet 1929. Sa vie professionnelle fut consacrée à l’enseignement, et sa carrière d’instituteur dans le département du Gard commença à la Coste de Soudorgues pour finir à Nîmes. Il passe sa licence radioamateur en 1951 et obtient l’indicatif F8XX. Il adhère au REF le 25 octobre 1951 sous le n° 6 460. Il utilise alors une station de construction personnelle jusqu’en 1985, et un HW101 reconditionné pour trafiquer en télégraphie et BLU avec des antennes filaires. Entré au radio-club F6KQK de Nîmes en 1987, il fut formateur pendant quelques années, puis secrétaire quasi perpétuel. Il en est encore secrétaire adjoint et anime toujours la station du radio-club. Actuellement, il trafique avec un TS2000 en HF, 50 MHz, VHF, et UHF avec une filaire LW, une verticale HF et une bibande V/U. Il trafique en télégraphie, BLU et dans les nouveaux modes numériques. Occasionnellement, il est aussi chasseur de radiosondes.

 

 

REF 6857

F8AU Michel Moine est né le 17 mai 1930 à Poitiers (Vienne), ville où il a toujours vécu et où ses parents tenaient un commerce de quincaillerie. Après leur décès, il prendra la direction de cette affaire. Il s’intéresse très vite à la radio et adhère au REF le 12 décembre 1949, avec le parrainage de F9XP et F9OV. Il devient REF n° 6 857, et obtient le 30 juin 1950 le certificat d’opérateur radiotélégraphiste et radiotéléphoniste n° 3 117. Puis le 6 juillet 1950, il devient F8AU. Il est intégré à la 18ème section du REF et il devient sous-chef de section pour le département de la Vienne. Lors de l’AG nationale de 1956 est créée la 20ème section, qui ne regroupe plus que les membres du département de la Vienne, et F8AU en devient le chef de section. Il le restera jusqu’en 1965, date à laquelle le REF 86 remplace la 20ème Section. A cette date, Michel devient alors le président du REF 86, charge qu’il conservera jusqu’en 1980. F8AU assumera donc de 1956 à 1980 la responsabilité des radioamateurs de la Vienne, puis il sera nommé président d’honneur du REF 86 en 1983. A ce titre, il va encourager le REF 86 à développer sa politique vis à vis des jeunes, avec la création des radio-clubs F2OP et F5OK. De plus, on lui doit l’organisation des stages avec la Régie Renault pour de jeunes apprentis de la RNUR, la formation de nombreux jeunes opérateurs et la promotion tous azimuts (presse, syndicat d’initiative, diplôme DD86, bulletin QUA, mairie de Poitiers, nuit de l’Europe…) Parallèlement, il mènera des actions auprès des autorités préfectorales avec la mise en place des réseaux ORSEC sur le département et la participation aux premiers exercices ORSEC (Messager, Mimosa, Provence, Anémone, Sater), et auprès des autorités militaires pour les manifestations de Saint Gabriel, patron des transmissions. Il est un des piliers du Réseau d’Urgence du REF avec F8EL. Michel continuera dans cette voie en créant l’ADRASEC 86, puis en adhérant à la FNRASEC dont il deviendra responsable de zone. A ce titre, Michel a été nommé membre d’honneur de la FNRASEC. De 1950 à 1967, Michel trafique avec des stations de sa fabrication en fixe et en mobile (licence mobile du 25 novembre 1964, une des premières de France !), avant d’acquérir un émetteur récepteur Drake. Il est aussi membre de Radio Sans Frontières, du Clipperton DX club et il a reçu la distinction de « A1-OP » de l’ARRL. Enfin, lors de l’assemblée générale à Paris du 24 mai 1964, Michel a été décoré au titre du REF de la croix du Mérite Civique, qui récompense tout son bénévolat. Aujourd’hui, Michel est toujours actif, surtout en télégraphie et sur VHF !

 

 

REF 6867

F3ZZ Michel PELHATE est né le 7 février 1930 à Paris (75). En 1949, il est étudiant à la faculté des sciences de l’université de Poitiers. Il y rencontre Jean FERRE F9OV qui sera son parrain au REF et le 17 décembre 1949, Michel rejoint le REF sous le n° 6 867. En 1950, il devient F3ZZ. Dès 1952, il sera chef de la 20ème sous-section du REF, section qui regroupe les membres des départements de Charente-inférieure, Deux-Sèvres et Vienne, et il le restera jusqu’en 1954. Puis il sera vice-président de la 20ème sous-section et membre fondateur du REF 86. De 1994 à 1998, il assurera la présidence du département. La carrière professionnelle de Michel se déroula entièrement au sein de l’université de Poitiers, d’abord à la faculté des Sciences, puis à l’IUT d’électronique comme maître de recherche et professeur. Pendant toutes ces périodes, F3ZZ va développer sa station, de construction maison, et va devenir un des pionniers des VHF avec F8DO, F3SK, F8OD et d’autres OM (groupe VHF Atlantique). Michel a écrit de nombreux articles techniques pour Radio-REF, et tout le monde connaît celui exposant son coupleur type F3ZZ, publié en juin 1971. Il donne aussi des cours pour le développement de l’émission d’amateur dans la Vienne, fait partie du réseau ORSEC de Poitiers et s’investit énormément pour notre association. A ce titre, lors de l’AG nationale de 1968, il est décoré de la médaille de la Ligue Universelle du Bien Public. Il intégrera aussi l’A1 OP de l’ARRL. Michel deviendra DR du REF Union, et à ce titre il sera membre de notre conseil d’administration. Il deviendra vice-président du REF. En 2009, il est nommé président d’honneur du REF 86. F3ZZ aura passé toute sa vie à s’occuper du REF et de l’émission d’amateur, et il est à ce jour toujours actif à Poitiers.

 

 

REF 7427

F8AZ Gilbert BULTEZ est né le 30 juillet 1927 à Montenay par le Coteau (Nord). Gilbert a 13 ans en 1940, et dans la région du Nord où il vit, il écoute les émissions radio sur un poste à galène, puis, avec l’inconscience de cet âge, sur du matériel de récupération de l’armée allemande. Ensuite il intègre les transmissions au 25ème DAP (Division de Troupes Aéroportées). Il adhére au REF le 26 juillet 1950 sous le n° 7 427. Il habite alors à Montenay et il trafique avec son indicatif F8AZ. En 1953, il construit son premier émetteur, avec une 807 au PA, et son récepteur sur la base du bloc HA64 de F9AF. Professionnellement, il fera sa carrière à la SNCF section Télécommunications. Spécialisé dans les recherches des perturbations des liaisons radioélectriques avec un des premiers véhicules équipés de matériel de mesure, il finira sa carrière par la mise en place des liaisons radio sur les TGV. Il a pris sa retraite au pied des Cévennes à Saint-Jean-du-Pin (30) où il est membre actif du radio-club de l’OM CEVENOL sur Le Plateau de Rousson (30). Il a été responsable de la station F6KKA. Il fait encore quelques QSO sur 20 mètres et 40 mètres.

 

 

REF 7897

F8MA René SAINT–MARC est né le 29 août 1929 à La Ferté-du-Bueil. Il a adhéré au REF le 1er septembre 1951 sous le n° 7 897. Il était radio dans la Marine Nationale. Adolescent dans la région d’Arcachon, il a connu le radioamateurisme à travers un de ses voisins, F8CT, dont il parle encore. Souhaitant apprendre le morse, il s’engage dans la Marine Nationale pour un service de cinq ans et y deviendra opérateur radio. Il a été, entre autres affectations, opérateur sur le SS Pasteur qui effectuait des transports de troupes vers l'Indochine. Ayant quitté la Marine Nationale, il obtint sa licence OM en 1953 avec l’indicatif F8MA et fut embauché comme technicien à la CGG (Compagnie Générale de Géophysique) basée à Massy (91). Il fut affecté sur des missions lointaines qui le tenaient éloigné de France durant plusieurs mois et qui lui permirent de trafiquer avec les indicatifs des anciennes colonies : FB8BU (Madagascar), FA8MA (Algérie), CN8DA (Maroc), FF8CF (AOF Sénégal). Il a toujours privilégié le trafic en CW et a été un fidèle défenseur du REF. Il demeure à ce jour à Massy (91).

 

 

REF 7954

F8YD André BOYER est né à Toulon le 21 août 1922. Ses premiers contacts avec la TSF et l’utilisation des lampes remontent à la période scolaire. A cette époque, son père est opérateur radio dans l’armée coloniale. Le soir, le fils bricole des montages de récepteurs radio parus dans diverses publications. Il passe beaucoup de temps, souvent la nuit, à écouter les émissions en télégraphie. Il projette de devenir radioamateur, mais le 11 septembre 1935 son père est tué au cours d’une opération militaire dans le sud marocain. La famille rentre en métropole dans le sud de la France. Cette image de son père qui écoutait durant de longues heures le trafic OM le casque sur la tête ne l’avait pas quitté. Vers la fin de la guerre, André est rappelé dans la marine qui l’affecte à un centre de formation opérateur radio. Par la suite, il est affecté à titre civil au service aéronautique de la DCAN à Toulon qui assure la maintenance des appareils de l’aéronautique navale (appareils embarqués sur hydravions). C’est l’époque où il se perfectionne par de nombreux stages à l’évolution des technologies. Puis suivront des stages de formation à Paris pour la vérification des installations de transmissions. Il s’inscrit aux cours dispensés par l’administration des PTT qui lui donnent les bases nécessaires, et il devient radioamateur en 1951 avec l’indicatif F8YD. André adhère au REF à la même époque avec le numéro 7.954. C’est en 1958 qu’il se fixe définitivement à Toulon. André prend sa retraite en 1979 et consacre une bonne partie de son temps au trafic radioamateur en HF (Morse) et VHF.

 

 

F5MUW Jacques GUAY est né le 19 juillet 1925 à Mulhouse (68). Il a adhéré au REF le 8 février 1952 sous le n° 8 103, parrainé par F9GP et m. GRAFF, REF 6 804. Il était alors militaire dans les transmissions où il a fait une brillante carrière, puisque, étant sergent-chef à son adhésion au REF en 1952, il a terminé sa carrière militaire avec le grade de lieutenant-colonel, après avoir pas mal bourlingué. Il a été F1MUW de 1987 à 1994, puis à cette date il est devenu F5MUW Il a pris sa retraite à Chalette-sur-Loing, dans le 45, où il est membre de l’ARAL 45. A ce jour, il est difficilement joignable à la suite de graves problèmes de santé, mais un OM de son département s’est proposé de lui rendre visite, de recueillir un peu plus d’informations et de lui remettre la médaille du service historique.

 

 

REF 8134

F6IQS Ange BAGGIONI est né le 20 octobre 1929 à Ferryville en Tunisie, d’une mère bretonne et d’un père corse fonctionnaire à la DCAN (Direction des Armes et Constructions Navales). Il y a passé sa jeunesse et a subi les conséquences de la guerre, habitant à proximité d’un arsenal naval bombardé par les américains, puis par les allemands et les italiens…. A 18 ans, instituteur intérimaire en école franco-arabe, il préféra prendre un engagement de trois ans au 45ème régiment de transmissions, prélude à une carrière militaire particulièrement brillante. En 1950, affecté comme sergent au 821ème bataillon de transmissions à Saïgon, 3ème CMT (Compagnie Mixte de Transmissions Nhatrang (sud Annam), il assurait la fonction de chef de quart radio, ce qui lui permit de faire de l’écoute des fréquences radioamateur. Il adhère au REF le 21 février 1952 sous le n° 8 134, parrainé par le président Robert LARCHER F8BU REF n°35. Rentré en France en juillet 1952, il est très vite affecté à Ben Aknoun (Algérie) pour assurer la fonction d’instructeur radiotélégraphiste. Puis il passera par l’école de formation des officiers de Saint-Cyr-Coëtquidan. Les places dans les transmissions étant limitées à 15 pour 76 ex-transmetteurs, il fut affecté à l’artillerie, puis à l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre), avec une formation de pilote d’hélicoptère et une affectation au GAOA 5 (Groupe d’Aviation d’Observation d’Artillerie n° 5) et la Tunisie, puis Sétif en Algérie, et le Hoggar In Amguel (160 kms au nord de Tamanrasset). De retour en France en mars 1963, il est affecté au GALDIV 3 (Groupe d’Aviation Légère de la 3ème Division) et prend le commandement de l’Escadrille d’Hélicoptères de Manœuvres. Il est nommé chevalier dans l’ordre National de la Légion d’Honneur. En 1968, muté à Tarbes dans un GALAT, il prend les fonctions d’adjoint et d’officier opérations. En 1970, affecté au GALDIV 11 (Groupe d’Aviation Légère de la 11ème Division parachutiste) il commande l’Escadrille d’Hélicoptères de Manœuvre. En 1974, c’est le Tchad, en tant que chef de corps du Détachement ALAT du Tchad. De retour en France en 1975, il est affecté à l’EAALAT (Ecole d’Application de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre). Volontaire pour le Tchad en 1978, il y prend la fonction de conseiller technique du commandant de l’Armée de l’Air Tchadienne à N’Djamena (ex Fort-Lamy). Il revient en France en juillet 1980, puis, affecté à l’ESALAT (Ecole de Spécialisation de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre), il prend le commandement du Groupe d’Hélicoptères de Manœuvres Il terminera sa carrière militaire le 19 octobre 1981 avec le grade de colonel. Il peut enfin s’adonner à ses passions (tennis, golf…) et surtout, il passe sa licence radioamateur en 1983. Il adhère en 1985 à l’ADRASEC 66, qu’il présidera de 1992 à 2006. Il s’intègre au REF 66 dont il sera secrétaire pendant 15 ans. Il résume ses souvenirs d’opérateur radiotélégraphiste dans ces quelques lignes : « Vient un âge où l’on aime bien faire des retours en arrière dans ses souvenirs. J’avais alors 14 ans, et déjà je connaissais l’alphabet morse que j’utilisais dans ma troupe d’Eclaireurs de France où j’étais chef de la patrouille des Ecureuils. A 18 ans, engagé volontaire dans l’Arme des Transmissions, je passai mon certificat d’opérateur radio de campagne puis de chef de poste radio de campagne. A 20 ans, en Indochine (alors française), je servais comme chef de poste radio de campagne et en station radio fixe à Saïgon puis au sud Annam à Nhatrang comme chef de quart radio. J’étais passionné d’exploitation radio. En dehors de mes quarts radio, j’écoutais des radioamateurs. C’était en 1952, et j’étais déjà inscrit au REF depuis un an avec le numéro 8 134. J’ai alors tenu un carnet d’écoutes que j’ai rouvert une fois à la retraite, en 1983. J’ai retrouvé avec une certaine émotion l’inscription d’indicatifs d’Allemagne, du Brésil, des Philippines, des USA, d’Angleterre, d’Espagne, d’AOF (Afrique Occidentale Française) et enfin de France. L’Indochine est à 10 000 Kms de la France. Indicativé à mon tour en 1983, je décidai d’expédier des QSL d’écoute aux Français que j’avais écoutés à Nhatrang en mai 1952. A ma grande joie, j’ai reçu deux réponses très enthousiastes. Quel bonheur d’être radioamateur !!! »

 

 

REF 8213

F8VZ Jean-Claude LOPEZ est né le 28 juillet 1929. C’est en Algérie, dans les années 50, qu’il découvre le monde des radioamateurs. Plus précisément, dans des activités de scoutisme, où il apprend la télégraphie et les rudiments du trafic radio. En effet, les opérateurs du centre de transmission de Couba tout proche initient les jeunes scouts à la lecture du Morse. Très vite, Jean-Claude montre une grande aptitude à la manipulation et à la lecture. C’est aussi l’époque où il construit son premier émetteur, avec une lampe 6L6 au final. Il réussit son examen fin 1951 et trafique avec l’indicatif FA8VZ. Tout naturellement, il adhère au REF au printemps 1952. Il est enregistré avec le numéro 8 213 et n’a jamais quitté depuis l’association nationale. Son trafic en Algérie, essentiellement en télégraphie, se fait avec un émetteur équipé d’un oscillateur ECO et deux lampes 807 en push-pull au final. Le récepteur provient des surplus anglais. FA8VZ et ses amis travaillent beaucoup sur les antennes (rendement, QSB). Ils adoptent au final l’antenne Lévy qui s’avère la plus efficace. Jusqu’en 1962, date de son retour en France, Jean-Claude fait la chasse aux contrées rares (DXCC) et met en évidence avec son ami F9UP le phénomène de la « ligne grise ». Durant cette période, Jean-Claude est d’abord instituteur puis il devient professeur au collège technique d’Alger, où il enseigne l’électronique. Il fait son service militaire en Algérie, au 45ème Régiment de Transmissions, comme opérateur radio (30 mots par minute). Arrivé sur le continent, il reprend les études à l’université de Montpellier pour présenter une thèse en 1984. Son travail porte sur la réalisation de capteurs photographiques (CCD). Ensuite, il intègre l’université comme professeur. Son cours porte en partie sur la compression des images. Arrive la retraite, il partage son temps entre Montpellier et Saint-Denis de la Réunion (FR5VZ). Il reste actif en consacrant beaucoup de temps à l’apprentissage de la télégraphie dans un vaste programme de vulgarisation du radioamateurisme dans les écoles. Actuellement, Jean-Claude est opérationnel en décamétrique, il est toujours à la recherche des indicatifs rares.

 

 

REF 8602

F2FP Francis POSTEL est né à Equeurdreville-Hainneville (50) le 29 juin 1928. A 16 ans, il est apprenti-menuisier. Peu après le débarquement allié et la libération de Cherbourg, le port devient le plus grand du monde en trafic. Le Génie américain remettant en état les infrastructures portuaires, Francis exerce ses talents de menuisier à confectionner des côtés de protection en bois pour les jeeps des alliés. Il sera aussi docker, déchargeant le ravitaillement ininterrompu qui vient fournir le front allié. Il travaillera également avec les pétroliers fournissant l'essence nécessaire à l'avance des troupes. Une proposition lui sera faite pour devenir marin sur un de ces navires et obtenir ainsi la nationalité américaine au bout de 2 ans, mais il n’y donnera pas suite. Il suivra l'unité du Génie US jusqu'au Havre. En 1949, il s'engage dans l'Armée de l'Air. Ayant brillamment réussi l'épreuve de lecture au son, il sera dirigé vers la spécialité radionavigant. Après des affectations à Tours, Toulouse et Dijon, il adhèrera au REF en septembre 1953 sous le n° 8 602, lors d'un passage sur la base de Saint-Dizier et après avoir découvert l'existence des radioamateurs en écoutant les bandes HF. Affecté à Paris, il passe sa licence et obtient l’indicatif F2FP (France Paris) en février 1958. Muté à Faya-Largeau (Tchad) en Afrique Equatoriale Française, il découvre ce continent et obtient l’indicatif FQ8HN (redevance 1200 francs CFA) en octobre 1959. Il fabrique son matériel : émetteur 60 W 4 étages + modulateur et récepteur 15 tubes à double conversion. En septembre 1960, il part pour la base aérienne de Bangui en Centrafrique et garde l’indicatif FQ8HN. Après l'indépendance du pays, il deviendra TL8AB le 1er mai 1961, trafiquant principalement sur 14 et 21 MHz avec des antennes doublets. Il cesse ses émissions depuis la Centrafrique le 30 décembre 1961. Il sera également 7X0FP depuis son affectation de Bousfer (Algérie) dans une unité SAR (Search And Rescue). Il est affecté à Caen-Carpiquet avant de repartir pour Djibouti, en Côte Française des Somalies, où il devient FL8FP en 1967. Adjudant-chef ayant volé sur divers types d'appareils (C47, JU52, Wellington, MD312, Constellation, etc.), il décide de rejoindre la vie civile où il exercera divers métiers en Seine Maritime (Shell, marchand ambulant, société téléphonique, directeur d'agence). En 1999, il est de retour au pays natal, 50 ans après l'avoir quitté. Sa station est aujourd'hui installée dans une véranda, sur la terrasse de son immeuble d'où il découvre la rade de Cherbourg, surveillant le trafic maritime et pratiquant l'écoute des bandes aéronautiques. Un peu moins actif sur les ondes depuis le décès de son XYL en décembre 2012, il reste néanmoins toujours un adepte de la clé Maniflex de ses débuts. Francis est également membre n° 3 du CDXC, et on peut le trouver en /MM depuis les côtes. Il est le second OM de la Manche à recevoir cette distinction. Les OM du 50 lui adressent leurs félicitations pour cette récompense.